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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 21:25

Une semaine pas comme les autres va commencer aux Ateliers Jean Nouvel. "Il arrive", entend-on ici et là. Dans le grand bâtiment blanc de la cité d’Angoulême, petite impasse ouvrière du 11e arrondissement de Paris, pas d’agitation particulière pourtant. Il est 14 heures ce lundi de début d’été et le week-end s’est un peu prolongé pour les salariés de la première agence architecturale française. Tous savent que Jean Nouvel, sauf exceptions – voyages, émissions de radio, etc. –, a décidé une fois pour toutes de rayer le mot " matin " de son vocabulaire. Mais sa venue est toujours la promesse pour chacun de ses collaborateurs de faire avancer ses pions. Car l’homme est rare, happé par ses chantiers sur toute la surface du globe et parce qu’il a décidé, il y a deux ans, de poser ses effets personnels sur les hauteurs de Nice, dans les murs du camp militaire du mont Boron où il peaufine les contours d’une fondation destinée à favoriser l’émergence d’une architecture innovante. Jean Nouvel arrive effectivement et, comme à son habitude, ne franchit pas la porte principale de l’agence mais se dirige légèrement plus à gauche, vers le bureau long et étroit des deux Charlotte : Charlotte Kruk, la fidèle des fidèles, fine lame blonde en charge de son (très lourd) agenda, et Charlotte Schlumberger, son assistante.

"Jean n’a pas de bureau à lui, explique Charlotte Kruk. Juste un strapontin à l’étage de la direction et ce petit tabouret à vis à côté de mon bureau où il s’assied en arrivant." Ce que fait le maestro, toujours vêtu de noir car, comme l’a dit souvent ce natif du Lot-et-Garonne au physique de rugbyman (d’avant la professionnalisation), "d’abord, ça peut aider pour la silhouette, ensuite c’est la couleur de la nuit, celle aussi qui permet de jouer sur les contrastes". La journée s’annonce sportive. Charlotte Kruk rappelle d’abord que le journaliste du Monde 2 ne lâchera pas l’architecte d’une semelle jusqu’au surlendemain non plus que le photographe dudit journal. Il va lui falloir aussi rencontrer pas mal de gens, de l’agence et d’ailleurs. Jean Nouvel pose ses journaux, écoute, obéit. Les Charlotte ont l’air satisfait, ce qui est toujours bon signe pour la suite.

Dans les étages, chacun peaufine les questions qu’il pourra – peut-être – poser au patron que les succès internationaux, symbolisés par l’obtention au printemps du Nobel de l’architecture, le Pritzker Prize, éloignent souvent de Paris et donc des siens. Ceux-là, après de longues années d’une peu savante désorganisation qui a conduit l’agence à la faillite en 1993, sont désormais structurés de manière à concrétiser le mieux possible les visions de leur mentor et à satisfaire les commanditaires du monde entier. Au sommet, Jean Nouvel et Michel Pélissié, PDG de l’agence ; à leurs côtés, un homme secret, méfiant, mais souvent divertissant, par ailleurs éditeur exigeant, Hubert Tonka, conseiller personnel, et Fabrice Lextrait, lui beaucoup plus disert, qu’ailleurs on nommerait directeur administratif mais pas ici, parce qu’il est plus que cela, au plus près des nécessités artistiques de l’agence ; viennent ensuite les "partenaires", un groupe constitué par les six membres de la structure de création, garde artistique de l’architecte, auxquels s’ajoutent le directeur financier et le directeur commercial ; puis viennent une vingtaine de chefs de projets et les chefs des structures – graphisme, 2D, 3D, paysage, maquettes, informatique… Au total, 163 fiches de paie ont été établies en décembre 2007 par Ateliers Jean Nouvel (AJN), parmi lesquelles celles de 90 architectes environ.

PROMENADE ARCHITECTURALE

Qu’ils soient le fruit d’un concours ou la réponse à une invitation, les projets d’AJN sont nombreux, de plus en plus nombreux. Visiter les locaux de l’agence, c’est parcourir le monde et prendre la mesure de l’immensité des tâches. Ainsi, au premier étage, l’espace est-il découpé en cinq travées. Les quatre premières sont dévolues à la conception d’une tour à Marseille, d’un showroom de design à Montpellier, au projet du Grand Paris – AJN fait partie des cinq rescapés encore en course –, au musée du Qatar, à un immeuble de logements de luxe à Chelsea et à la tour de verre, voisine du MoMA (Museum of Modern Art) à New York. Dans la dernière travée, une petite équipe est entièrement dédiée au paysage et travaille pour l’ensemble de l’agence. Au même étage, dans un bâtiment contigu, on peaufine les contours de deux tours à Sydney, bureaux et logements, tandis qu’une escouade s’emploie sur des ordinateurs à concevoir des rendus en 2D et en 3D… Plus loin, on s’active sur des bureaux à Londres et à Singapour, sur la future antenne du Louvre à Abou Dhabi, tandis qu’une équipe s’attaque à un énorme projet, tout nouveau : la construction d’un hôtel de 4 000 chambres sur le Strip de Las Vegas pour le compte de Sol Kerzner, l’un des géants mondiaux du tourisme. L’affaire est d’une telle importance que Jean Nouvel a souhaité que quelque 40 personnes s’attellent à ce projet et s’installent bientôt pour quatre ans dans des locaux spécifiques loués dans le quartier de la République. Une autre cellule, en charge de la Philharmonie de Paris, est ainsi "décentralisée" sur le futur site de cet équipement, majeur pour Paris comme pour l’agence elle-même, à la porte de Pantin, au nord-est de la capitale. Et AJN compte plusieurs cabinets d’architecture associés à ses projets, à Paris et dans plusieurs grandes capitales.

Au deuxième étage du bâtiment principal, la promenade architecturale continue et passe par Le Havre (tour du Centre de la mer), Montpellier (hôtel de ville et ZAC), Vienne (logements et hôtel), Colle di Val d’Elsa, en Toscane (bibliothèque et place centrale), et Tanger (zone portuaire)… C’est donc presque essoufflé que l’on rejoint les bureaux de la direction d’AJN et particulièrement celui de Michel Pélissié, camarade de Jean Nouvel depuis l’adolescence, qui a conduit le redressement de ses affaires et permis son développement depuis bientôt quatorze ans.

"Lui et moi sommes des cousins-copains", dit d’emblée le jovial président d’AJN, ancien élu communiste, entre autres métiers qu’il a exercés, de la ville d’Antony, dans les Hauts-de-Seine. "En 1993, il m’a appelé car il n’y arrivait plus. Nous avons repris seulement les actifs de son agence précédente grâce à un administrateur qui était fou amoureux de lui. Les projets du Grand Stade à Saint-Denis – même si c’est un souvenir douloureux puisque sa construction nous a échappé après qu’on a gagné le concours – et du centre culturel de Lucerne en Suisse nous ont permis de repartir du bon pied. Il faut aussi rendre hommage à l’associé de Jean avant la reprise, Emmanuel Cattani, qui avait permis l’essor de l’agence à l’international. Nous avons donc repris 35 salariés et réalisé la première année un chiffre d’affaires de… 4 millions d’euros. En 2007, il a dépassé les 32 millions et nous avons dégagé une marge nette de 7 millions." Au même étage officie Fabrice Lextrait, ancien directeur de la Friche de la Belle-de-Mai, à Marseille, une pépinière artistique dont Jean Nouvel fut le président. "En 2002, Jean m’a demandé de venir travailler avec lui afin de faire évoluer l’organisation du travail, d’améliorer la productivité de nos équipes et de créer une plus grande fluidité entre l’administration et la création. Pour rester au plus près des exigences de Jean, nous avons créé l’échelon des partenaires , à égalité fonctionnelle et salariale. Aujourd’hui, nous disposons d’un outil d’une puissance formidable, doté d’une éthique, d’une ambition politique et artistique cohérente. Le défi majeur est de conserver son œuvre, sans l’affadir ou la diluer. Nouvel, ce n’est pas un style mais une méthode de pensée, c’est plus difficile à apprendre…"

"L’ILLUSIONNISTE A ENCORE FRAPPÉ"

Au côté des deux hommes opère dans la plus grande discrétion une collaboratrice capitale, Ariane Dienstag. "Tout passe par elle, explique Michel Pélissié. Elle reçoit tous les jours, des quatre coins du monde, trois ou quatre demandes de maîtres d’ouvrage que nous filtrons lors de réunions régulières. On reçoit ensuite les clients retenus, on les teste et on décide si on leur fait rencontrer Jean ou pas. Après quinze ans de collaboration, on sait un petit peu ce qui peut l’intéresser." Quand ce premier filtre est passé, l’architecte dialogue avec le client puis réunit les collaborateurs qui sont à ses yeux les mieux armés pour répondre à sa commande. Commencent alors de longues discussions pendant lesquelles Jean Nouvel dit ce qu’il veut, dit ce qu’il voit, éventuellement crayonne une forme, après quoi l’équipe se met au travail. Cela donne des réunions extrêmement denses durant lesquelles l’architecte vérifie la solidité de ses concepts et valide les esquisses qui lui sont présentées. Cela produit des échanges souvent drolatiques où fusent dans la bouche de Jean Nouvel des saillies savoureuses : " Il faut que les gens disent que l’illusionniste a encore frappé ! " ; " Si tu fais des poteaux, on va encore se fâcher, tu n’as qu’à les remplacer par des gaines porteuses… " ; " Quand je vois ça, je n’ai aucune émotion… " Le tout est dit sur un ton tranchant, jamais méchant, qui accepte la contradiction à condition qu’elle soit circonstanciée.

Les équipes en charge des projets sont toujours placées sous l’autorité d’un membre de la cellule des partenaires, choisi par le patron. Ceux-là sont de plusieurs espèces, rompus à des disciplines différentes et complémentaires, arrivés à l’agence par des chemins différents.

" Avec Jean, tout commence par un poème, un mystère, une profondeur, explique Toshihiro Kubota, membre de la structure de création architecturale et partenaire d’AJN. Les espaces qu’il imagine traduisent tous une émotion. C’est une démarche très sensible que vous ne retrouverez chez aucun autre architecte. " Le jeune designer japonais, diplômé de l’école Creapole à Paris, vient du monde de la décoration intérieure. " On m’a recruté sur CV pour travailler en 3D. Petit à petit, je suis devenu le chef de projets qui nécessitaient un travail difficile sur les images, comme aujourd’hui la Philharmonie de Paris, le musée de Doha ou l’aquarium de l’hôtel de Las Vegas. Ça marche très bien avec Jean parce que j’aime traduire ses visions, ses dialogues entre l’ombre et la lumière, l’intérieur et l’extérieur, sa réflexion sur le verre qui est très proche de notre conception, au Japon, de la cloison traditionnelle de papier. J’ai forcément une relation un peu bizarre avec lui. Comme j’ai quitté mon pays, ma famille, il est non seulement mon maître mais un peu mon père. Je n’ai pas le temps de me fabriquer des proches, ils sont tous ici… "

LA FORME DES PETITES CUILLÈRES

On peut aussi rejoindre l’agence par amitié pour l’architecte. C’est le cas d’Odile Fillon, sa première épouse et la mère de ses deux fils, qui a pris cette année la direction de Jean Nouvel Design, filiale d’AJN, installée au rez-de-chaussée de l’immeuble contigu à celui de l’agence. " Jusqu’ici, le design était mélangé à l’agence. Depuis mars, c’est une structure autonome dont Jean est président. Je me suis donné six mois pour être sûre d’être compétente à son côté. " Les missions de JND sont diverses : réaliser des projets d’architecture intérieure liés aux chantiers de l’agence, concevoir et commercialiser avec les grands éditeurs les produits dessinés par Jean Nouvel (comme hier la table à succès baptisée Less ou demain les luminaires Troll pour la ville de Barcelone) et dénicher ses propres contrats. " Nous venons de signer notre premier projet, confie, réjouie, Odile Fillon, assise dans un bureau d’où elle apprend à régner sur une équipe de 20 personnes. C’est un restaurant à Madrid, dans les murs d’une ancienne discothèque. Et nous sommes heureux que Jean soit là aujourd’hui pour lui présenter nos premières propositions. Car non seulement il est à l’origine des idées mais il va jusqu’au bout des choses, contrôle tout, de l’architecture intérieure jusqu’à la forme des petites cuillères… "

Un engagement, un souci du détail qui ont séduit Mirco Tardio, qui appartient à la cellule de création architecturale. " J’ai assisté à une conférence de Jean lors de la Triennale de Milan au début des années 1990, se souvient le jeune architecte italien. J’ai fini par envoyer un CV à l’agence, sans illusion. Huit mois plus tard, ils m’ont appelé car ils voulaient se lancer dans la réalisation d’images de synthèse, ma spécialité. Désormais, ma principale fonction est de m’assurer que les réalisations restent au plus près des concepts voulus par Jean. " Mirco Tardio ne tarit pas d’éloge sur son patron : " C’est un être imprévisible. On peut toujours essayer de le précéder dans l’élaboration d’un concept, il arrive et on est épaté. Ses solutions sont toujours dix fois plus simples. Son degré de perception n’appartient qu’à lui. Il est irremplaçable. " Aussi est-on en droit, sans vouloir d’aucune façon la mort du pécheur, de se poser la question de "l’après-Nouvel", d’autant que Jean Nouvel s’est fait une belle peur en 2007 après une rude maladie pulmonaire. " La création dans notre organisation d’une cellule de partenaires était non seulement une rationalisation de notre travail, mais aussi une préfiguration de l’avenir, répond Michel Pélissié. Nous voudrions que cette entreprise vive au-delà de nos existences propres. On peut prendre l’exemple de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei. S’il est certain que l’œuvre de Jean s’arrêtera avec Jean, il n’en va pas de même pour l’entreprise. L’architecture n’est pas un style, mais une attitude. Nous faisons tout pour que se transmette et se perpétue cette attitude." C’est tout le malheur que l’on peut souhaiter à cette agence aujourd’hui en pleine forme. A fréquenter ses bureaux, à partager un peu du temps de ceux qui y travaillent, on est frappé par l’énergie qui circule à tous les étages, une certaine forme de joie de vivre et surtout l’intelligence palpable que dégagent les membres de ce phalanstère sans équivalent en France.

Olivier Schmitt, Le Monde, 09.08.08

http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/08/08/un-pour-tous-tous-pour-jean-nouvel_1081762_1004868.html

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 15:11

Les motifs de l'oeil, du tareau, de la main, du squelette d'oiseau. C'est normalement l'inverse, le cadre qui permet le motif (donné aux artisans dans le cas du modernisme catalan dont Santiago est une résurgence).

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 03:06
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 01:20

Film très riche, luxuriant, abondant, d’un abord difficile aussi (que certains pourront juger verbeux et monotone, sans que l’on puisse s’en offenser), Le ventre de l’architecte de Peter Greenaway fut, bien avant The pillow book, une œuvre également graphique et multiple sur la transmission de l’art, sa validité et son écriture au sein d’une confrontation avec l’homme. Stourley Kracklite, architecte américain bedonnant, arrive à Rome accompagnée de sa femme pour concevoir une exposition sur Étienne-Louis Boullée, architecte visionnaire du XVIIIe siècle. Pris entre marivaudage notoire et douleurs abdominales, luttes d’influences et exigences artistiques, Kracklite succombe lentement à la paranoïa et à une forme de dépression chronique, abdication générale (et définitive) de son intégrité, de sa personnalité et de ses ambitions. Freiné dans ses efforts par son corps massif, son corps malade, il cherche ironiquement à tout contrôler, à maîtriser ce qui peut advenir dans sa vie (son couple, et même sa pathologie) et dans son art (son exposition).


Le film se construit sur des allers-retours permanents, dualités symptomatiques, symétries formelles et morales où les jeux d’échos, de reprises géométriques (et scénaristiques) définissent les mouvements de caméra, de montage (un plan élaboré par Greenaway possède toujours en soi un fonctionnement très graphique, théâtral, voire volontairement factice), des personnages et aussi de la bande-son. Sur ce dernier point, il est à noter que les mélodies de Wim Mertens, sublimes, restent très proches des orchestrations mathématiques de Michael Nyman (qui, alors, venait de composer les musiques de Meurtre dans un jardin anglais et de ZOO, antérieurs au Ventre de l’architecte), comme si Greenaway avait exigé de Mertens qu’il reproduise, presque à l’identique, l’instrumentation de Nyman pour préciser davantage la notion de passation et d’hérédité présente au cœur de son film.


Cet équilibre parfait dans les correspondances prend sa signification (et sa matérialisation) la plus concrète dans la spécificité physique introduite dès le générique d’ouverture, le ventre donc, et qui sera, par la suite, déclinée de bout en bout avec une infinité de variantes (d’écritures et scénographiques). Plus simplement, ce sont trois figures essentielles du ventre qui s’imposent à la lecture initiale du film, en premier lieu celui de Rome, ville musée, foyer de l’art occidental et de la Renaissance, cité palpitante où chaque statue, chaque marbre, chaque monument, résonnent des échos de la culture et des civilisations passées. Ensuite celui de l’architecte, rongé par un cancer qui va donner la mort, puis enfin celui de sa femme, enceinte, qui va donner la vie ; vie et mort ainsi synchroniques, en osmose lors de l’inauguration de l’exposition, le bébé surgissant au monde dès lors que Kracklite s’y soustrait.

 

Les thèmes de la reproduction et de la filiation (et leur contraire) irriguent, de fait, la structure narrative du film : accouplement et dépossession, enfantement et mort, reproduction à travers l’art (l’hommage à Boullée) ou à travers l’homme (le nouveau-né à paraître), et la recension des deux sous diverses formes créatives (peintures, sculptures, photographies et photocopies). Greenaway juxtaposent et confrontent ces différents vecteurs esthétiques qui, au fil de l’Histoire, ont évolué de techniques de reproduction à systèmes de duplication, et rend compte de toute entreprise artistique (de la plus élémentaire à la plus magistrale) souffrant invariablement de la moindre influence, subjectivité et/ou remise en question.


Lignes, circonférences, figures, symboles, séquences, narration, et jusqu’aux métaphores responsives sur le principe de permanence et de renouvellement, tout dans cette œuvre gigogne, esthétiquement superbe, conduit à une réflexion labyrinthique et référentielle sur l’artiste face à ses angoisses, ses doutes et ses inspirations.


● Sur LE VENTRE DE L'ARCHITECTE (THE BELLY OF AN ARCHITECT) réalisé par Peter Greenaway (GB, Italie, 1987).

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:20
Pour vous donner un pouls actuel de la profession plus que du métier qui oeuvre nous citons Namiro

ArchiNow

Namiro à "décidé d'arrêter de poster sur Archinow.
J'ai comme l'impression qu'une bataille silencieuse est en cours dans l'architecture française d'aujourd'hui, entre classique et moderne, entre "representation de l'architecture " et "architecture tout court ", entre "mouvements en train de se faire" et "mouvements prédigérés", entre commis de l'état et critique avisé ... Mesdames et messieurs les jeunes architectes, choisissez bien votre camp : Mr Smith ou Neo, pilule bleu ou rouge, réalité crue mais vrai ou réalité virtuelle encéphalo-injectée. Nous devrions diviser les médias entre deux catégories, ceux qui nous ouvrent les yeux et les autres, asservis au système que l'on veut bien nous donner. Qu'est ce qu'on fait ? Certes, la facilité nous fait tomber dans le système les deux pieds en avant, la vérité et l'intelligence sont des conquete, etre un Etre éveillé est difficile, c'est un travail, un exercice long et continuel... Deux catégories de personnes se confrontent sileucieusement, c'est la bataille des éveillés contre les endormies, c'est matrix. Et, meme si vous renier ce combat, c'est trop tard... le premier homme à être sorti de la caverne a embrayé le pas et a déclenché la longue bataille de la vérité face à la conformité. Il ne vous reste plus qu'à choisir votre camp ( si vous pouvez ). Si vous lisez ces lignes, un seul choix s'offre à vous : renier ou prolonger... qu'allez vous faire, jeune architecte en éveil ? Plongez la tête, soupirer et fermer la fenetre ou s'interroger, se questionner, et cliquer sur le lien qui va suivre, qui n'est que la grande porte derrière laquelle se trouve Morpheus et son fameux choix entre pilule bleue et rouge, à vous de rentrer :
http://www.archicool.com/expos/roche260804.shtml

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Peut-être que Namiro découvre les tensions inhérentes à tout métier, car les métier serait ni du côté de l'Etat ni du Capital.
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:20

"Les oeuvres de l'architecture, contrairement à celles des autres arts, n'ont que très rarement une destination purement esthétique, elles sont soumises à d'autres conditions étrangères à l'art, tout utilitaires, par suite, le grand mérite de l'artiste consiste à poursuivre et à atteindre le but esthétique, tout en tenant compte d'autres nécessités, pour arriver à cette conciliation, il lui faut tâcher d'accorder par divers moyens les fins esthétiques avec les fins utilitaires, il lui faut déterminer avec sagacité quel est le genre de beauté esthétique et architectonique qui se prête, qui convient à la construction d'un temple, d'un palais, d'un arsenal. A mesure que la rigueur du climat multiplie les exigences et les besoins de la pratique, à mesure qu'elle les rend étroites et impérieuses, la recherche du beau en architecture se renferme dans un champ plus restreint. Toutes ces nécessités de la pratique sont, pour l'architecture, autant d'entraves, pourtant elle lui procurent, d'autre part, un puissant point d'appui, car, vu les dimensions et le prix de ses ouvrages, vu la sphère restreinte de son activité esthétique, elle ne pourrait subsister uniquement comme art, si, en sa qualité de profession indispensable, elle n'obtenait en même temps une place sûre et honorable parmi les métiers."


Arthur Schopenhauer

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